De retour de captivité, Jacques Perrey se retrouve peu après chef d’entreprise, marié à la belle Cécile, bientôt père. Pourtant il ne peut oublier Eva, cette jeune Allemande, dont le souvenir le tourmente encore. Que lui a-t-elle crié lorsque le camion de l’Armée rouge l’emportait vers la liberté ? Est-elle morte, mariée ? Ses lettres sont restées sans réponses. A quoi bon, se dit-il, y songer toujours
puisque, si elle vit encore, il ne la reverra jamais plus, cloîtrée qu’elle est en RDA communiste. C’est alors une vie sans histoires, la vie banale des campagnes de l’après-guerre, sombre et rude, avec de rares moments de joie. Il faudra un accident, un jour glacial d’hiver, pour que le décor dans lequel il vit s’effondre pas à pas…
Il y eut près de deux millions de soldats français à travailler en Allemagne. Beaucoup y eurent des histoires d’amour. Quelques-uns ramenèrent une femme avec eux, d’autres restèrent dans ce pays
étranger. Ce récit rapporte l’attachement de deux êtres par-delà les années de silence, les frontières opaques, la haine, les trahisons et les mensonges. Il inclut également des instants de légèreté et de générosité propres à nous réconcilier avec l’humanité.